13.2.19

Bendy and the Ink Machine - Dessins très animés


- Pas de spoilers -

Je joue très peu sur PC. Pourtant, je sais que bon nombre de chouettes petits jeux sortent sur cette plateforme, comme Bendy and the Ink Machine, que j'ai découvert à la sortie de son dernier épisode. Cette aventure épisodique, désormais dispo sur console et mobile depuis la fin de l'année dernière, a bel et bien débuté sur PC en février 2017 pour se conclure 18 mois et 5 épisodes plus tard. Tout le temps pour se faire une petite réputation dans la catégorie des « jeux à faire ».

Bendy and The Ink Machine est un jeu d'horreur/survie à la première personne. Nous sommes Henry, un illustrateur à la retraite invité par son ancien employeur pour une raison inconnue. Le jeu commence donc lorsque nous poussons la porte des studios d'animation Joey Drew. Visuellement, on plonge dans l'animation des années 30 : graphismes en cel-shading pour l'aspect cartoon, tons sépia pour le rétro et surtout, personnages de dessin animé qui n'auraient pas juré à l'époque. D'ailleurs, si Bendy, la figure de proue du studio Joey Drew, reste assez éloigné d'un Mickey Mouse vintage, l'un de ses acolytes ressemble tellement à un autre personnage Disney qu'on se demande comment la firme à la souris a pu l'autoriser.




L'ambiance du jeu joue clairement sur le côté ambivalent des dessins animés du siècle dernier, mi-attrayants par leur design monochrome, mi-dérangeants par certaines animations datées qui ont aujourd'hui un côté un peu monstrueux. En témoigne le nombre de creepy pasta et autres légendes urbaines en rapport avec Disney, justement ! Par conséquent, plus on évolue dans le studio désert, plus on découvre un univers difficile à cerner... et donc très accrocheur. Si les bandes audio laissées ça et là donnent quelques indices sur ce qui a pu se passer entre ces murs, l'essence du jeu reste un mystère : où s'arrête la fiction dans laquelle évolue Bendy ? C'est moi ou cette silhouette en carton n'était pas là tout à l'heure ? Pourquoi ces flots d'encre omniprésents ? Le jeu ne vous prendra pas par la main à travers le scénario et certains détails pourront même rester libres d'interprétation selon les joueurs.

Le gameplay est enfantin : on peut marcher, courir, sauter et utiliser une arme de fortune. Ah, et avaler toutes les boites de soupe qu'on trouve. Déjà parce que le son de notre déglutition est rigolo (cartoon everywhere...) et que ce n'est pas sans nous rappeler une autre légende de l'animation rétro et ses boîtes d'épinards.



Le jeu allie presque parfaitement réflexion, adresse et action. Sans besoin de rebondissements à outrance, il instaure une sensation de menace presque intangible et surtout, permanente. Disons-le, c'est ce qui fait les bons jeux d'horreur. J'ai relevé deux petits points décevants cependant : déjà, l'une des quêtes devient vite redondante, si bien qu'on finit par se demander si le personnage qui nous la propose ne fait pas des brocantes à ses heures perdues, vu toutes les merdes qu'on doit lui ramener en 5 allers-retours. Ensuite, si on meurt une ou deux fois lors d'une séquence contenant un peu de challenge, et je ne parle pas de boss ici, le jeu nous fera réapparaître juste après notre dernière réussite au sein de cette séquence, nous privant de la satisfaction d'en venir à bout d'une traite.

D'un point de vue plus technique, la traduction française a visiblement été faite à la va-vite, ou en tout cas, certainement pas relue par un francophone : les phrases qui ne veulent rien dire côtoient les coquilles y compris dans les objectifs. Personnellement, j'ai aussi rencontré quelques soucis graphiques notamment sur l'apparence de l'encre, l'un des éléments visuels les plus importants du jeu. Mon ordi a beau avoir les caractéristiques suffisantes et malgré tous les réglages de jeu possibles, je n'ai jamais vu les marées d'encre autrement qu'en ces gros traits moches laissant apparaître le décor à travers :


Malgré ça, j'ai vraiment aimé Bendy and The Ink Machine parce que c'est un jeu intelligent. Sans prétention et à plusieurs niveaux, il mêle son scénario fantastique plutôt simple à une double lecture qui flirte très franchement avec la mise en abîme. Preuve en est le nom du studio qui l'a développé : Joey Drew Studios, comme le studio fictif que nous arpentons.

Le jeu se termine en 6 à 8h selon votre tendance à l'exploration. Le potentiel de rejouabilité est tout à fait existant puisque, sans trop vous en dire, il est possible - et même vivement conseillé - de refaire le jeu dans son entier après la première run pour boucler la boucle et, qui sait, voir les choses d'un oeil nouveau... En conclusion, même s'ils ne jouent pas vraiment sur le terrain de la « peur à jumpscares » à la Emily wants to play, Bendy et ses amis sauront sans nul doute vous donner l'occasion de vous faire (oui, je vais oser)... un sang d'encre.


Jeu dispo sur PC - Mac - iOS - Android - PS4 - Xbox One - Switch



Images : ©Joey Drew Studios Inc.


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