19.9.13

I don't need an education.


Je cite des paroles de Garbage parce que c'est du rock, de la musique de gens mal élevés.

Cet article, je ne savais pas que j'allais l'écrire il y a encore deux heures. Mais il m'est arrivé aujourd'hui un évènement mineur, insignifiant, qui a pourtant fait déborder la coupe et m'a donné envie de me défouler ici...


Je faisais des courses, après une journée de travail fatigante mentalement. Comme beaucoup de monde. J'avais repéré dans le petit magasin un enfant d'environ 8 ans, qui courait partout malgré les réprimandes molles de sa mère, toujours 20 mètres derrière. J'allais sortir, les deux bras chargés quand j'ai vu l'enfant en question courir comme un dératé droit sur moi, en regardant ailleurs, sa mère toujours derrière.
D'habitude, quand les gens dans la rue, enfants ou adultes, avancent sur moi sans regarder, je les évite, sans qu'ils s'en rendent compte. Toujours, c'est un réflexe. Je fais attention au monde qui m'entoure, je regarde toujours autour de moi avant de reculer ou de bifurquer, pour ne gêner personne (ou juste pour ne pas me faire écraser, en fait, chose qui n'est pas évidente-évidente pour tous les piétons).

Là, je ne sais pas pourquoi, j'ai pas bougé. J'ai du me dire "Pour une fois, je vais faire comme tout le monde, ras-le-bol de faire gaffe pour les autres." Et évidemment, le gamin m'a foncé dedans, me défonçant le ventre au passage. Fatiguée, énervée, j'ai lâché pour moi-même mais à voix haute un juron blasé. Celui qui commence par un P et finit par "-utain", comme dirait Forrest Gump.
Et voilà que la maman, prise d'un élan soudain de responsabilité, est arrivée à mon niveau et m'a lancé à la figure : "Ça va aller, là ???!", rapport au juron et sûrement à mon air pas aimable sur le moment. Le choc de me retrouver devant une bêtise pareille passé, je lui ai dit sur le même ton que moi ça allait bien mais que si elle voulait, je pouvais éduquer son gamin.

Alors vous allez me dire que je n'ai pas d'enfant et donc que je dois me taire. C'est certain, je ne peux même pas imaginer comme ça doit être un travail harassant de tous les jours d'éduquer un bambin. Mais le problème, c'est que je croise de plus en plus souvent des parents qui ont l'air d'avoir démissionné... ou même de ne jamais avoir commencé la tâche.

Je n'ai pas d'enfants, non, mais j'ai des parents. Et ils m'ont éduquée. Je ne parle pas de bien se tenir en public ou d'avaler sa bouchée avant de parler : j'ai connu une famille dont les enfants étaient exemplaires en société et pourris jusqu'à l'os une fois en petit comité. Là, je parle de valeurs et de préparation à la réalité du monde.
"Non, ma chérie, je ne peux pas t'acheter ça parce que ça coûte trop cher."
"Non, tu restes à côté de moi pendant les courses parce que sinon tu vas encore te perdre."
"Non, tu n'auras pas le bocal à bonbons parce qu'on mange dans une heure."
"Non. Parce que." = Parce que c'est moi qui commande et c'est comme ça.

Un jour, petite, j'ai fait une crise de colère dans un magasin et ma mère m'a giflée en public, sous le regard choqué d'une vieille dame. Et vingt ans plus tard, c'est moi qui suis choquée qu'une mère n'ait pas disputé son gamin et surtout, qu'elle m'ait reproché d'avoir lâché un pauvre gros mot parce que son petit roi m'avait écrasé le bide.

Ces parents à l'ouest en prennent pour leur grade mais ils ne sont pas les seuls fautifs. Dorénavant, tout fait en sorte que les enfants se comportent comme des princes à qui on ne refuse rien, à qui on donne tout, tout de suite :

  • Les dessins animés : à mon époque, grâce à la fantastique invention du ralenti, on devait patienter pendant 4 épisodes de 25 minutes pour savoir ce qui allait se passer dans Dragon Ball Z ou Jeanne et Serge. Maintenant, les épisodes de dessin animé sont indépendants les uns des autres, montés de façon épileptique et dépassent rarement les 15 minutes. Je ne regarde pas Gulli plus de 2 minutes par peur de l'AVC.
  • La publicité : dans les spots actuels où on met en scène des enfants, on retrouve quasi-systématiquement le schéma de la progéniture espiègle, voire carrément odieuse envers les adultes, qui s'en amusent. Oreo : un garçon fait un concours de rapidité avec son grand-père, grand-père gagne, l'enfant roule les yeux d'un air condescendant. SFR : une femme a malencontreusement repassé le jean de sa fille ado, qui lui hurle dessus comme du poisson pourri. Et j'en passe. On est loin des gentils révolutionnaires en culotte courte de Petit Bateau ou du gourmand qui accusait le poisson Maurice d'avoir mangé la mousse au chocolat...
  • Les jouets : tu te souviens de la frustration quand tu découvrais que le cadeau dans tes céréales n'était pas celui que tu voulais ? Quand tu tombais toujours 3 fois sur la figurine moche alors que tu voulais la trop belle mise en avant sur le paquet ? Maintenant, les chérubins n'ont plus ce problème lié aux jouets physiques, ils ont un code internet ou un CD et peuvent choisir leur jeu, peinards.

Le pire, c'est que ce sont ces mêmes parents qui se plaignent des années plus tard, quand leur ado fait ce qui lui chante et leur parle comme à des sous-déjections. "Je sais plus comment m'y prendre, je sais pas pourquoi il est comme ça, appelons Pascal le grand frère."
Il y a quelques temps, j'ai découvert le mouvement des Maternantes, des femmes généralement bobo qui considèrent l'enfant comme une personne à part entière dès leur naissance et le "respectent". Elles le "respectent" en dormant dans le même lit que lui tous les soirs dès ses premiers jours, en le laissant décider de quand il va se laver (ou pas), se faire couper les cheveux (ou pas), faire ses devoirs... Certaines considèrent que le placenta appartient à l'enfant et le conservent jusqu'à ce que l'enfant soit en âge de choisir quoi en faire. Je suis curieuse de savoir combien ces enfants claqueront en psy quand ils auront réalisé qu'ils ne sont pas le centre du monde.

Et le pire du pire, c'est que les parents ne sont pas les seuls à se prendre le retour de manivelle : être professeur de nos jours, ça n'a rien d'une promenade de santé. On rabâche à ces enfants qu'ils sont les égaux de leurs parents, voire supérieurs à eux, pourquoi laisseraient-ils donc des inconnus leur dire comment se comporter ?

La petite fille sur la photo en haut de cet article s'est pris trois gifles parentales dans sa vie.
Elle a eu deux jeux vidéo dans son enfance, dont le Tetris qui capte toute sa concentration sur la photo.
Elle a apprécié tout ce qu'on lui a accordé et on lui a dit quand elle dépassait les bornes, en expliquant pourquoi c'était mal de répéter ce mot qu'elle avait entendu à la récré.
Elle n'a jamais eu Téléphone Secret, même après un harcèlement plutôt endurant, et elle n'en est finalement pas morte.

Par contre, elle a eu seize Barbie. Faut pas déconner.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

YES !!!

Celle qui a donné 2 des 3 gifles ...