6 mai 2014

The Wolf Among Us - Aoouuuh


- Pas de spoilers - 

L'un des derniers bébés épisodiques de Telltale Games n'est pas encore sorti dans son intégralité. Comme à leur habitude, le jeu est découpé en 5 épisodes, avec une sortie tous les deux mois... Nous en sommes à l'épisode 3 et le bon sens aurait voulu que j'attende la fin pour vous livrer un avis. Mais non !


The Wolf Among Us, comme la grosse majorité des jeux de Telltale, est une adaptation. Avant Borderlands et bientôt Game of Thrones (non merci !), ils se sont attelés à un comics nommé Fables, créé par Bill Willingham. Ce dernier part d'un postulat assez intéressant : les héros de contes et légendes divers ont été chassés de leur monde par une force supérieure et ont été projetés dans notre univers, à Fabletown, un quartier de New-York. Sauf que leurs souvenirs sont intacts, contrairement au pitch de la série Once Upon a Time. Bill Willingham et Telltale prennent évidemment un malin plaisir à inventer des vies réalistes aux personnages qui ont nourri notre imaginaire d'enfant.
Encore sous le choc de la saison 1 de The Walking Dead à la sortie de The Wolf..., je suis complètement passée à côté. Heureusement, l'homme qui partage mon frigo m'a fait remarquer que ça semblait prometteur !

Ce que j'aime chez Telltale, c'est qu'ils développent quasi en simultané des jeux qui gardent leur patte (graphique, surtout) mais dont les univers sont très différents. Je n'ai jamais lu Fables et j'ignore si l'esthétique y est similaire, mais dès le début de ce jeu, j'ai accroché au visuel et à la musique. C'est électro, c'est fluo, c'est beau :


Personnellement, je trouve que l'atmosphère a un petit côté Sin City (avec du fluo à la place du noir et blanc, oui). Parce qu'on rencontre beaucoup de personnages dans cette ville sombre. Et parce que le personnage principal est aussi une sacrée gueule au coeur tendre : nous incarnons la plus grosse gueule de tous les contes, Bigby (Big B. = Big Bad Wolf = le Grand Méchant Loup), shérif de Fabletown.
Alors vous allez me dire que c'est bizarre parce que ce loup n'a rien à voir avec celui qui croque Mère-Grand. Mais à Fabletown, tout le monde se doit de paraître humain. C'est pourquoi les autorités font commerce de sorts qui donnent forme humaine à ceux qui ne le sont pas ; des sorts officiels et onéreux concurrencés par des sorts illégaux et bon marché. Là, ça sent le monde réel !



Les graphismes dessinés (cel shading) semblent être la nouvelle marque de fabrique de Telltale après la 3D cartoon. Et c'est pas plus mal ! Pourtant, je trouve que les personnages, les femmes surtout, se ressemblent toutes un peu chez eux... Je ne saurais pas dire si c'est la bouche ou la forme du visage en général mais je me dis souvent que les coupes de cheveux différentes sont les bienvenues. A noter que le moteur du jeu gère beaucoup mieux que pour la saison 1 de The Walking Dead qui souffrait de lenteurs très (très) mal placées dans l'action. The Wolf... impose des temps de chargement un peu longuets mais coule tout seul ensuite. Ce serait dommage de voir de si jolies couleurs ramer.

Ces petits défauts techniques ne sont rien à côté de ce que tout le monde reproche à Telltale, à raison : leur manque de communication à la limite du manque de respect. Depuis quelques temps, il est possible sur les boutiques en ligne, et d'autant plus pour ce format épisodique, d'acheter la totalité d'un jeu à un tarif préférentiel avant même que tout les éléments soient en vente, pour les télécharger au fur et à mesure des sorties, comme les autres joueurs. C'est le principe du season pass. Or, plusieurs fois chez Telltale, des problèmes techniques ont empêché les possesseurs du season pass de télécharger un nouvel épisode pendant plusieurs jours tandis que les autres joueurs, les "moins fidèles", le pouvaient.
Autre couac qui a fait du bruit : l'épisode 2 de The Wolf Among Us, attendu début décembre, est sorti fin février soit après plus de quatre mois d'attente au lieu des deux prévus. Des soucis mineurs, c'est vrai, sauf que le réel souci c'est celui-ci : Telltalle n'a jamais communiqué sur ces aléas. Jamais d'excuses pour les season pass défectueux et jamais de justification pour les retards d'épisodes. En fait, même quand tout va bien, on se rend compte que le site même du studio est avare d'informations en général (en plus de demander sa date de naissance au visiteur à chaque clic)... Seulement, j'ai beau être parfois en colère contre Telltale pour leurs défauts, je n'arrive jamais à les boycotter parce qu'ils me clouent toujours sur place avec leurs histoires.

Du scénario de The Wolf je peux juste dire qu'il tourne autour d'une enquête, puisque l'intrigue ne démarre réellement qu'à la fin du premier épisode - sur les chapeaux de roues. Avant ça, on joue environ 2 heures et on ne s'ennuie pas : comme je l'ai dit plus haut, on prend plaisir à découvrir ce que sont devenus ces personnages et à guetter des références. Amusantes ou plus sérieuses, elles sont disséminées avec parcimonie, juste assez pour rappeler qui étaient ces "gens" dans une autre vie.

"Miroir magique par terre, qui a mangé le dernier Kinder ?"

Comme d'habitude - et parce qu'on aime ça, hein - Telltale joue avec nos nerfs et avec les fameux choix qui vont de pair. Contrairement aux jeux précédents, l'action est plus rapide, les ficelles plus fines et les choix plus surprenants quand ils se présentent. Par conséquent, on peut difficilement y réfléchir avant d'être au pied du mur... et c'est d'autant plus déstabilisant. Tout fuse un peu plus vite dans ce jeu, y compris l'humour. Le studio s'amuse même avec les codes qu'il a créé ces dernières années : gardez un oeil en haut à gauche de l'écran pendant l'épisode 3, j'ai vu cette blague par hasard et si ça se trouve, j'en ai manqué d'autres !
Pour autant, c'est loin d'être la grosse fête : l'ambiance est assez sale, alcoolisée et enfumée pour nous laisser ressentir le chaos (le réalisme ?) de Fabletown et la tristesse de ses habitants.


Au final, force est de constater que The Wolf Among Us a réussi à m'intéresser à son histoire malgré son genre pas franchement habituel en jeu vidéo : le polar. Et pourtant, ça colle si bien au format épisodique de Telltale qu'on se demande comment ils n'y ont pas pensé avant... Ici, on nous tient certes en haleine avec les cliffhangers de fin d'épisode mais aussi grâce à une grande question : qui est le coupable, nom d'un chien loup ?


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