7 juin 2015

Resident Evil HD Remaster - Danse avec les S.T.A.R.S.


- Pas de spoilers -

Resident Evil 1 et moi, jusqu'à maintenant, c'était un peu un amour impossible. Je n'avais jamais pu le finir sur PlayStation, à cause d'une clé trop bien cachée quand j'avais 14 ans ou de munitions trop vite écoulées quand j'en avais 25. Je m'étais faite à l'idée de continuer à suivre la saga sans jamais avoir fini le jeu culte qui en était à l'origine.

Puis SOUDAIN, arriva en ce mois de janvier un cadeau d'anniversaire inattendu puisque je n'étais absolument pas au courant de son existence : Resident Evil HD Remaster. Oh mon dieu, le jeu original avec quelques ajouts et des graphismes des années 2010.  

RE HD Remaster, c'est en fait un remake de la version PS1 de 1996, sorti en 2002 sur Gamecube sous le nom de Resident Evil Rebirth et remasterisé en 2014. N'ayant pas fait RE Rebirth, je comparerai donc le petit nouveau avec la version PS1. Et accessoirement, je suis passée de ça :

    

...à ça :

    

Ouais, hein. J'ai du ramasser ma mâchoire en arrivant dans le manoir. Mais j'y reviendrai plus bas.

Qu'est-ce qui a changé, en plus des graphismes ? L'ambiance générale a été optimisée, également du point de vue sonore. Quand dans le manoir de RE1 on ne percevait rien du monde extérieur (sauf si on tentait d'ouvrir la porte d'entrée...), on est maintenant dans une demeure infernale qui craque de partout, pendant une nuit d'orage de surcroît. La maison devient plus "vivante" en elle-même, en plus des spécimens qu'elle abrite. En parlant d'eux, une difficulté supplémentaire a fait son apparition : la mare de sang autour des créatures n'est plus un indice de mort définitive puisqu'elles reviennent à la vie quelques minutes après, avec la faculté de courir et d'être très énervées. Pour éviter ça, il faut les décapiter ou les brûler quand elles sont encore à terre, sachant qu'on peut transporter 2 doses de kérosène maxi. C'est un choix à faire !

La nouveauté dans le choix des personnages est assez cool puisqu'on peut choisir d'emblée entre deux apparences pour Jill et Chris. En plus de leur version Rebirth respective, le beau gosse a sa version bodybuildée de Resident Evil 5, la belle gosse a sa version "casquettée" du même jeu. Petit bémol si on veut se la jouer à l'ancienne avec les skins de Rebirth : l'apparence un peu trop lisse des personnages fait tache sur les décors plus ciselés et bien plus subtilement éclairés. On peut aussi regretter que les persos soient si peu expressifs.

 Avant les haltères... (Rebirth/HD Remaster)

...après (RE5).

Avec le t-shirt moulant... (Rebirth/HD Remaster)

...avec le t-shirt moulant, aussi. En fait (RE5).

Côté carte, ceux qui avaient déjà arpenté le manoir Spencer remarqueront que l'architecte a revu ses plans depuis : des pièces disparaissent, d'autres les remplacent. Idem pour les énigmes, qui, je trouve sont bien plus difficiles qu'à l'origine, du moins pour la quête de Jill. Même les quelques réponses que je suis allée chercher sur internet (quoâââ) restaient énigmatiques une fois trouvées, sans rapport avec les indices. Mention spéciale à l'énigme des girouettes qui m'a valu de belles grimaces d'incompréhension. D'un autre côté, c'est agréable d'avoir de nouveau à s'arracher les cheveux sur un jeu vidéo !

Pourtant, un changement dans ce Rebirth/Remaster m'a fait hurler (oui) à la frustration : la facilité en termes de scénario et d'ennemis pour Jill. A commencer par le mini combat avec Yawn, le serpent du grenier. Allez savoir pourquoi, Chris le canarde un peu avant qu'il s'échappe et il en était de même pour Jill avant. Ici, elle tire à peine une cartouche qu'une cinématique se lance pour qu'un mec - dont j'ai oublié le nom - vienne lui sauver les miches avant de mourir lamentablement. Mais... mon ruban encreur gaspillé, vous me le rendez ? C'est même une plaisanterie de dire ça parce que j'ai du finir le jeu avec 349 cartouches diverses, 2 armes pleines jamais utilisées, 8 herbes et 37 rubans encreurs (alors que je suis plutôt du genre à sauvegarder à chaque fois que je visite une pièce).

Bizarrement, le jeu va en se simplifiant, contrairement à l'original. Alors que les Hunters m'avaient fait abandonner sur PS1, j'en ai à peine croisé sur Remaster

Et c'est tant mieux, quand on pense au gameplay et surtout au déplacement du personnage. Certes il est maintenant possible de choisir entre gameplay moderne (se déplacer en fonction de l'angle de la caméra, juste une horreur quand ce dernier change brusquement) et gameplay original (se déplacer en fonction de la position du personnage, beaucoup moins intuitif avec un joystick qu'avec les flèches d'antan). Je crois que j'ai changé 4 fois de mode au cours du jeu, vu qu'aucun n'était vraiment pratique dans toutes les situations, exploration ou fuite. Je ne compte pas le nombre de fois où j'ai couru dans la direction opposée à celle que je visais, me retrouvant à faire des câlins aux murs ou aux zombies. Mais ça, c'est en partie parce que je suis pas très douée non plus.

Parlons "wow", parlons visuel. Si les graphismes étaient déjà chouettes sur Rebirth pour un jeu de 2002, le contraste de l'image a été plus que dopé sur HD Remaster : question de goût, moi j'aime la lumière écrasante et les coins obscurs limite plongés dans le noir, je trouve que ça colle à l'ambiance. Mais attention, si on ne connait pas RE1, il paraît qu'on peut passer à côté de certains items/portes peu éclairés à moins d'appuyer frénétiquement sur X.

Rebirth vs. HD Remaster :







Alors finalement, qu'est-ce qui il y a de bon dans ce "Resident Evil Remake HD Remaster Super Ultimate Collector Limited Edition" ? Il y a que malgré tout, la sève de Resident Evil premier du nom reste intacte. Dès le menu du jeu, on se sent oppressé : les joueurs de RE6 doivent faire des crises d'angoisse devant si peu d'options et d'arborescences... Là, c'est genre "Ah ouais ? Tu veux jouer à Resident Evil ? Bah tu vas le faire à notre manière."

La caméra fixe a été conservée et c'est tellement chouette de prendre le temps avant d'avancer, de tendre l'oreille quand on n'a aucune visibilité, si on ne veut pas être à court de munitions à la vitesse de l'éclair. Les dialogues ont été réenregistrés mais les répliques cultes restent intactes.

Les ambiances musicales sont encore là elles aussi, tantôt lancinantes tantôt rassurantes. Quelques rares temps de chargement ont été supprimés mais les ouvertures de portes nous offrent encore ces animations grinçantes de quelques secondes, toujours parfaites pour flipper sur ce qu'on va trouver derrière.

Cerise sur le gâteau, on retrouve ce fameux point du gameplay, celui qui énerve au plus haut point quand on n'a pas de recul mais au potentiel nostalgie extraordinaire quand on est un vieux de la vieille : il est toujours impossible de ramasser un objet pour l'utiliser tout de suite. Parce que oui, monsieur/madame, je cours pendant des heures en butant tout ce qui passe sans jamais m'essouffler, oui je transporte deux fusils, des emblèmes en pierre et des boites de cartouches... mais je ne peux pas me baisser pour sniffer une herbe sans la mettre dans ma poche au préalable. 
Les coffres, c'est pas pour les cerbères.

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